đ Lettre De George Sand Ă Son Fils
GeorgeSAND - Lettre autographe signée sur les journées sanglantes de juin 1848. Pro Pro Pro. 950,00 EUR + 20,00 EUR livraison + 20,00 EUR livraison + 20,00 EUR livraison. Informations sur la photo. Image non disponible. Vous en avez un à vendre ? Vendez le vÎtre. Achetez en toute confiance. Garantie client eBay. Obtenez un remboursement si vous ne recevez pas l'objet que
Lettrede Gustave Flaubert Ă George Sand, 7 octobre 1871, Croisset, dans Gustave Flaubert - George Sand : Correspondance, Ă©ditions Flammarion, texte Ă©ditĂ© par Alphonse Jacobs. Extrait de George Sand ou lâart dâĂȘtre grand-mĂšre, Fiction France Culture, 23 dĂ©cembre 1991.
Deuxmanuscrits de piĂšces de théùtre inĂ©dites de George Sand sont entrĂ©s cette annĂ©e Ă la bibliothĂšque et rejoignent le fonds consacrĂ© Ă ses Ćuvres. Ils furent tous deux Ă©crits pour le petit théùtre quâavaient créé Sand et son fils Maurice dans la maison familiale de Nohant. Maurice participait Ă lâĂ©criture des piĂšces
filsMaurice Dudevant, qui devint son confident, notamment au sujet de ses dĂ©mĂȘlĂ©s avec son Ă©poux, ses dĂ©buts littĂ©raires, lors de sa liaison avec Alfred de Musset et lâĂ©pisode de Venise et enfin, sur sa vie avec Chopin. L-001737 G SAN SAND, George Correspondance de George Sand Ă Jules Boucoiran du 2 septembre 1829 au 20 aoĂ»t 1875 / George Sand, Jules Boucoiran, Marie
LaSemaine religieuse de Paris vient de publier une lettre inédite de George Sand adressée en 1845 à Mgr Affre. Bien que baptisée, elle ne se contenta pas, on le sait, de vivre en marge de
GeorgeSand répond le 17 décembre 1870: "Mon cher fils, je n'avais rien reçu de vous et j'étais inquiÚte. Je reçois aujourd'hui 17 décembre la triste nouvelle que vous m'annoncez. Une consolation, c'est que ce pauvre pÚre a eu une fin douce, que vous étiez prÚs de lui et que jusqu'au bout, vous avez pu veiller sur lui.
Lettreà Chopin. Cher ami, Je suis heureuse de vous dire que j'ai. bien compris, l'autre jour, que vous aviez. toujours une envie folle de me faire. danser. Je conserve le souvenir de votre. baiser et j'aimerais beaucoup que ce soit. une preuve que je suis aimée et désirée.
Formatde téléchargement: : Texte Vues 1 à 140 sur 140. Nombre de pages: 140 Notice complÚte: Titre : La fille de George Sand / lettres inédites publiées et commentées par Georges d'Heylli (Edmond Poinsot) Auteur : Sand, George (1804-1876).Auteur du texte. Auteur : Clésinger, Auguste (1814-1883).Auteur du texte. Auteur : Clésinger-Sand, Solange (1828-1899).
MauriceSand. (1823-1889) fils de George Sand. Il était le premier enfant de George Sand et celui qui lui fut le plus attaché. Il vécut toujours auprÚs d'elle. La nature l'avait doté de plusieurs talents, pour le dessin et la peinture (il fut élÚve de Delacroix), pour la littérature mais aussi pour la science (géologie et biologie).
RĂ©ponsede Thierry Derigny. Flaubert a Ă©crit Un Coeur simple de mars Ă aoĂ»t 1976, soit peu de temps avant la mort de George Sand le 8 septembre. Ils avaient eu au dĂ©but de lâannĂ©e un Ă©change de lettres sur la place des idĂ©es personnelles de lâĂ©crivain dans un roman.
GeorgeSand, lettre Ă son fils Maurice, fin avril 1848. AprĂšs la difficile annĂ©e 1847 (rupture avec Chopin, difficultĂ©s du couple que forme sa fille Solange avec le sculpteur ClĂ©singer), 1848 est, Ă plusieurs titres, une annĂ©e cruciale pour George Sand : elle vient de se mettre Ă lâĂ©criture de l âHistoire de ma vie ; elle sâengage corps et Ăąme dans la rĂ©volution, et, aprĂšs le
UnepiĂšce de GĂ©rard Savoisien. George Sand et Marie Caillaud. Deux femmes, deux destins, un mĂȘme combat pour la libertĂ©. Lorsque, Ă onze ans, Marie Caillaud entre Ă Nohant au service de George Sand, elle ne sait pas encore quâon lâappellera Marie des Poules, la servante qui va chercher les Ćufs au poulailler. Elle ne sait pas non plus quâelle y apprendra Ă lire, Ă Ă©crire, Ă
Lettreautographe, non signĂ©e, Ă son fils Maurice. [Novembre 1843]. 现çŻ. SAND, George (1804-1876). Lettre autographe, non signĂ©e, Ă son fils Maurice. [Novembre 1843]. 4 pages in-12 (205 x 133 mm). Encre brune sur papier au chiffre Ă froid "G.S." (Pliures). GEORGE SAND S'INQUIĂTE DE LA SANTĂ DE CHOPIN. "J'Ă©tais bien sĂ»re que Chopin Ă©tait malade [] Ainsi voilĂ mon pauvre
Lauteure fait le rĂ©cit de ce rĂȘve dans une lettre Ă©crite Ă Venise le 30 mai 1834 Ă lâintention dâAlfred de Musset dont elle est devenue lâamante Ă lâĂ©tĂ© 1833. Partie pour lâItalie en dĂ©cembre 1833 avec Musset, George Sand correspond avec son fils Maurice Dudevant restĂ© Ă Paris. Elle raconte ce rĂȘve Ă Musset, de retour Ă Paris depuis mars, et lui demande des nouvelles
Apartir de 1856, Alexandre Dumas fils appelle George Sand Maman. Et, elle, le rebaptise son fieux. Câest dire la proximitĂ© de lâauteur de La dame aux camĂ©lias avec la bonne dame de Nohant. Tout commence en 1851 quand Alexandre Dumas fils rapporte Ă lâĂ©crivaine ses lettres Ă Chopin, quâelle souhaite faire disparaĂźtre. Pendant
a7Zm0E1. George SAND 1804 - 1876, Ă©crivain français Lettre autographe signĂ©e au prĂ©fet de Constantine FortunĂ© Lapaine. Nohant, 20 dĂ©cembre 1861 ; 7 pages in-8°. Longue et belle lettre de soutien Ă son ami Patureau que George Sand compare Ă un de ses personnages de roman, Patience, le philosophe qui ose braver la peur des Mauprat Mon excellement ami le colonel Ferri Pisani me fait lire votre lettre, comme il vous a fait lire la mienne. C est le plus prompt moyen pour s entendre mutuellement, encouragĂ©e par la bienveillance personnelle que vous voulu bien me tĂ©moigner. Je viens vous remercier non des gĂ©nĂ©reuses intentions oĂč vous ĂȘtes relativement Ă mon ami Patureau ; Ces intentions vous sont dictĂ©es par votre caractĂšre mais du plaisir que vous exprimez, de m ĂȘtre agrĂ©able tout en obĂ©issant Ă votre gĂ©nĂ©rositĂ© naturelle. Je ne saurais trop rĂ©clamer votre intĂ©rĂȘt pour ce colon aussi courageux qu intelligent. Je l avais en partie devinĂ©, en effet, car je ne le connaissais pas encore, quand j ai inventĂ© le bonhomme Patience [Mauprat roman publier en 1837]. Il ne lui est pas infĂ©rieur comme imagination poĂ«tique et comme sauvagerie de philosophe naĂŻf. Son refus de prĂȘter un serment quelconque rentre bien dans ses idĂ©es, mais la haine personnelle lui est inconnue, et la vengeance lui fait horreur. Jugez-le donc de plus haut que le point de vue politique, le quel n a rien Ă faire dans la circonstance. Je l ai grondĂ© pourtant d avoir commis cette imprudence il pouvait refuser la fonction sans refuser exclusivement la formule. Il pouvait ensuite s ouvrir Ă vous en particulier sur ses thĂ©ories. Vous l auriez compris et absous. Voici pourtant ce qui l excuse et je tiens Ă vous le dire il a Ă©tĂ© surpris, il ignorait absolument la communication qui allait lui ĂȘtre faite de sa nomination. Il n a pas eu le tems de rĂ©flĂ©chir, et tout aussitĂŽt il a regrettĂ© la prĂ©cipitation de sa rĂ©ponse et la situation dĂ©sagrĂ©able oĂč il plaçait des fonctionnaires bienveillants pour lui, par une apparence d ingratitude personnelle. Ceci vous explique la maniĂšre confiante avec laquelle il vous a parlĂ© aprĂšs l incident. Si je ne craignais d abuser de votre tems, je vous enverrais ses lettres, et vous y verriez que sous la rĂ©publique mĂȘme, il n est pas acceptĂ© les fonctions de maire qu il a exercĂ©es, s il ait fallu jurer quoi que ce soit il dit qu un homme Ă qui l on confit des devoirs et qui les accepte est offensĂ© par l exigence du serment que si on ne croit pas en lui, on peut le laisser tranquille. n a-t-il pas raison au fond, comme ont toujours raison les gens qui puisent leur logique dans la nature ? Cela n est pas pratique, mais c est vrai. La concession que le prince [le prince JĂ©rĂŽme Bonaparte] a bien voulu lui accorder sur ma demande, est de 49 hectares et non de 100. Ce serait une raison de plus pour cultiver, mais il faut plus de fonds qu il ne l avait prĂ©vu, et il a dit accepter une rĂ©gie dans l espĂ©rance de gagner bientĂŽt de quoi cultiver sa propre terre. En viendra-t-il Ă bout ? Ce n est pas le courage et le savoir expĂ©rimental qui lui feront dĂ©faut. Mais le propriĂ©taire de la ferme qu il cultive aujourd hui a fait en France de mauvaises affaires et je ne suis pas sans inquiĂ©tude pour Patureau et sa famille. Son fils est intelligent et courageux aussi. Sa bru est active et dĂ©vouĂ©e. Mais la fiĂšvre les persĂ©cute et les mĂ©dailles que leur envoient les sociĂ©tĂ©s agricoles de France ne les sauveront pas de la fatigue et des dĂ©sastres. J ignore absolument ce qu il a l intention de vous demander, et je le regrette, car je vous le demanderais aussi, mais quelque chose que ce soit, je compte sur votre bontĂ© pour lui et pour quiconque, ayant une valeur rĂ©elle, eut servir avec fruit les intĂ©rĂȘts de la colonisation. Pardonnez moi cette longue lettre, ou plutĂŽt ce mĂ©moire Je ne sais si vous avez jetĂ© les yeux sur son petit traitĂ© de la vigne [Culture de la vigne. Simples conseils d un vigneron Ă ses confrĂšres d AlgĂ©rie, Paris, 1861]. Il a Ă©tĂ© trĂšs remarquĂ© ici. » Lettre rĂ©fĂ©rencĂ©e dans la Correspondance Lubin, tome XVI, Elle est fiĂšre de son ami Patureau qu'elle compare Ă Patience, le seul homme qui ose braver les Mauprat, famille de seigneur cruel. C'est un philosophe autodidacte qui passe pour sorcier et vit dans une tour en ruine. Mauprat est publiĂ© en 1837, c'est un conte philosophique sur fond de rĂ©volution française. N° de rĂ©f. du vendeur ABE-1612433452838 Poser une question au libraire
SAND, George 1804-1876 Lettre autographe signĂ©e GSand » Ă Gustave Flaubert Paris, vendredi [31 aoĂ»t 1866 ajoutĂ© dâune autre main] 3 pages sur bifeuillet in-8 Ă ses initiales gaufrĂ©es, Ă lâencre noire. Habile rĂ©paration de deux petites dĂ©chirures sur deuxiĂšme feuillet, sans atteinte au texte Emouvante lettre de George Sand Ă Gustave Flaubert, Ă©crite le lendemain de sa premiĂšre visite Ă Croisset Embrassez dâabord pour moi votre bonne mĂšre et votre charmante niĂšce. Je suis vraiment touchĂ©e du bon accueil que jâai reçu dans votre milieu de chanoine ou un animal errant de mon espĂšce est une anomalie quâon pourrait trouver gĂȘnante. Au lieu de ça on mâa reçue comme si jâĂ©tais de la famille et jâai vu que ce grand savoir vivre venait du coeur. Ne mâoubliez pas auprĂšs des trĂšs aimables amies. Jâai Ă©tĂ© vraiment trĂšs heureuse chez vous. Et puis toi, tu es un brave et bon garçon, tout grand homme que tu es et je tâaime de tout mon cĆur. Jâai la tĂȘte pleine de Rouen, de monuments, de maisons briques. Tout cela vu avec vous me frappe doublement. Mais votre maison, votre jardin, votre citadelle, câest comme un rĂȘve et il me semble que jây suis encore. Jâai trouvĂ© Paris tout petit hier, en traversant les ponts. Jâai envie de repartir. Je ne vous ai pas vus assez, vous et votre cadre. Mails il faut courir aux enfants qui appellent et montrent les dents. Je vous embrasse et je vous bĂ©nis tous. G. Sand. Paris Vendredi. En rentrant chez moi hier jâai trouvĂ© Couture a qui jâai dit de votre part que mon portrait de lui Ă©tait selon vous le meilleur quâon eut fait. Il nâa pas Ă©tĂ© peu flattĂ©. Je vais chercher une trĂšs bonne Ă©preuve pour vous lâenvoyer. Jâai oubliĂ© de prendre trois feuilles du tulipier, il faut me les envoyer dans une lettre, câest pour quelque chose de cabalistique ». De retour dâun sĂ©jour chez Alexandre Dumas fils en Normandie Ă Saint-ValĂ©ry-en-Caux, George Sand arrive chez Flaubert le 28 aoĂ»t. Elle y reste deux jours avant de regagner Paris. Durant les quinze annĂ©es dâamitiĂ©, Sand et Flaubert sâĂ©crivent plus quâils ne se voient. Leur relation Ă©pistolaire est unanimement considĂ©rĂ©e comme lâune des plus belles du XIXe siĂšcle. Sand se rend trois fois seulement Ă Croisset. Flaubert, quant Ă lui, ne sĂ©journe que deux fois Ă Nohant. Lors de ce premier sĂ©jour Ă Croisset, George Sand ne cache pas son ravissement, ce que lâon peut voir dans la lettre du 29 aoĂ»t 1866 Ă sa fille Je me laisse ⊠entrainer Ă rester chez Flaubert. Il a une habitation charmante au bord de lâeau, une vieille maison bien rĂ©parĂ©e, confortable avec un ancien jardin de moines remis Ă neuf, Ă mi-cĂŽtĂ© dans les arbres et les murs, câest dĂ©licieux ⊠Ce pays est superbe. Jâai vu hier tous les monuments intĂ©ressants de Rouen, et puis les cloĂźtres, des charniers, des rues impossibles, tout un moyen-Ăąge encore debout⊠». Nous joignons une reproduction du cĂ©lĂšbre portrait de George Sand dessinĂ©e par Thomas Couture. Lubin, tome XX, n° 12815
Article rĂ©servĂ© aux abonnĂ©s AURIEZ-VOUS par hasard rencontrĂ©, Ă Naples ou Ă Rome, Mme G. Sand, demandait vers le mois de juin 1834 Liszt Ă son Ă©lĂšve ValĂ©rie Boissier, qui voyageait en Italie, " C'est... une femme d'un gĂ©nie bien extraordinaire, bien amer, bien douloureux dans sa puissance... C'est sans contredit, et sans comparaison aucune, la femme la plus " forte " dans le sens biblique et la plus Ă©tonnamment douĂ©e. " PremiĂšre rencontre Quelques semaines plus tard Musset prĂ©sentait Liszt Ă LĂ©lia. La femme la plus forte ? Elle lui apparut telle que Delacroix nous la montre ; toute fragile, ses beaux cheveux coupĂ©s, et sur le visage, cet air hagard d'un ĂȘtre fui par son destin. C'est lĂ , dans ces derniers jours d'octobre oĂč agonisent les amours des fameux amants de Venise, que se noue l'une des plus fĂ©condes amitiĂ©s romantiques. Il ne s'agit pas ici d'Ă©valuer ou seulement de rĂ©sumer les profits immenses, artistiques, sociaux, intellectuels, qu'en tirĂšrent l'Ă©crivain et le musicien, mais simplement de jeter dans le dĂ©bat quelques nouveaux documents inĂ©dits. Toute la critique musicale et littĂ©raire, mĂȘme la pĂ©nĂ©trante Mme KarĂ©nine, affirme que la premiĂšre impression de G. Sand sur Liszt fut " dĂ©sagrĂ©able ", qu'elle " ne lui plut pas comme femme ". Ah ! que les textes sont contrariants " Votre avant-derniĂšre lettre m'avait fait bien du mal, dit une lettre de Liszt du 20 avril 1835. Que de fois en passant devant votre maison rebadigeonnĂ©e du quai Malaquai 1, j'ai senti ma poitrine se resserrer de tristesse et de douleur !... Cependant comme nulle vanitĂ© ne s'Ă©tait jamais mĂȘlĂ© Ă la sainte et vive affection que je conserverai Ă©ternellement pour vous, je ne m'emportais guĂšre, je ne vous accusais point. Il me semblait que vous aviez raison de vous dĂ©fier ainsi de moi, et d'ailleurs, n'est-ce pas lĂ votre droit de repousser, durement mĂȘme, ceux de vos amis qui n'ont pas Ă©tĂ© suffisamment Ă©prouvĂ©s. Mais je souffrais beaucoup et intimement, car je crois vous l'avoir dit un jour je n'ai ressenti qu'une seule fois dans ma vie, pour l'abbĂ© de Lamennais quelque chose de semblable Ă la folle et profonde sympathie qui me faisait dĂ©sirer d'ĂȘtre un peu moins mal jugĂ© par vous. Heureusement les 3 lignes de La ChĂątre ont effacĂ© tous mes chagrins. Je vous en remercie cent et cent fois... Il vous reste de cet article Ă lire. La suite est rĂ©servĂ©e aux abonnĂ©s. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil Ă la fois Ce message sâaffichera sur lâautre appareil. DĂ©couvrir les offres multicomptes Parce quâune autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil Ă la fois ordinateur, tĂ©lĂ©phone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous ĂȘtes la seule personne Ă consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez Ă lire ici ? Ce message sâaffichera sur lâautre appareil. Ce dernier restera connectĂ© avec ce compte. Y a-t-il dâautres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant dâappareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant Ă des moments diffĂ©rents. Vous ignorez qui est lâautre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
Les Amis de Flaubert â AnnĂ©e 1956 â Bulletin n° 8 â Page 23 George Sand Ă Croisset et Flaubert Ă Nohant Ă premiĂšre vue, il semble que lâamitiĂ© si affectueuse et si solide qui liait lâauteur de Madame Bovary Ă celui de LĂ©lia ne se soit manifestĂ©e que dans leur correspondance. Plus de quatre cents lettres, en effet, rĂ©parties assez rĂ©guliĂšrement sur un espace de dix ans, attestent lâintĂ©rĂȘt et lâattachement jamais dĂ©faillants que se vouaient les deux Ă©crivains amis. Dâautre part, au cours de quinze annĂ©es, de 1859, date de leur premiĂšre rencontre, jusquâĂ la mort de Sand, en 1876, les entrevues ont Ă©tĂ© plutĂŽt rares, se bornant aux brefs moments oĂč ils se trouvaient simultanĂ©ment Ă Paris. Trois fois cependant, on le sait, George Sand a passĂ© quelques jours chez Flaubert, Ă Croisset, et deux fois, Flaubert lui rendait sa visite Ă Nohant. Il est peut-ĂȘtre intĂ©ressant de reproduire ici le texte complet des notes que G. Sand a jetĂ©es sur son Journal au cours de ces journĂ©es pleines de charme. MalgrĂ© le style peu soignĂ© et les phrases construites avec nĂ©gligence, on y saisit sur le vif lâatmosphĂšre de cordialitĂ© et de confiance qui caractĂ©risait ces sĂ©jours 1. SAND Ă CROISSET, 28-30 AoĂ»t 1866 Au mois dâaoĂ»t 1866, G. Sand se trouve Ă Paris pour les reprĂ©sentations des Don Juan de Village, piĂšce quâelle avait Ă©crite en collaboration avec son fils Maurice. Le 22, elle fait savoir Ă Flaubert quâelle a lâintention de lui rendre visite Ă Croisset, en revenant dâun sĂ©jour chez Alexandre Dumas fils, Ă Saint-ValĂ©ry 2. Flaubert rĂ©pond aussitĂŽt par un tĂ©lĂ©gramme et une lettre 3, fait prĂ©parer une chambre et se hĂąte dâannoncer la bonne nouvelle Ă sa niĂšce, afin quâelle puisse venir voir la cĂ©lĂšbre romanciĂšre Ta grandâmĂšre a voulu que je tâavertisse de cela, de peur que tu ne sois ensuite fĂąchĂ©e⊠de nâavoir pas vu Mme Sand » 4. Un moment, un rhume qui la retient au logis menace de gĂąter le plaisir, mais il faut croire que le mal sâest retirĂ© Ă temps, puisque la voilĂ qui arrive Mardi, 28 aoĂ»t 5 ⊠Jâarrive Ă Rouen Ă une heure. Je trouve Flaubert Ă la gare avec une voiture. Il me mĂšne voir la ville, les beaux monuments, la cathĂ©drale, lâhĂŽtel de ville, Saint-Maclou, Saint-Patrice 6 câest merveilleux. Un vieux charnier 7 et des vieilles rues, câest trĂšs curieux. Nous arrivons Ă Croisset Ă trois heures et demie. La mĂšre de Flaubert est une vieille charmante. Lâendroit est silencieux, la maison confortable et jolie et bien arrangĂ©e. Et un bon service, de la propretĂ©, de lâeau, des prĂ©visions, tout ce quâon peut souhaiter. Je suis comme un coq en pĂąte. Flaubert me lit le soir une Tentation de Saint-Antoine 8 superbe. Nous bavardons dans son cabinet jusquâĂ deux heures. Mercredi, 29 aoĂ»t Nous partons Ă onze heures par le bateau Ă vapeur, avec Mme Flaubert, sa niĂšce, son amie, Mme Vasse 9, et la fille de celle-ci, Mme de la ChaussĂ©e. Nous allons Ă La Bouille 10. Un temps affreux, pluie et vent. Mais je reste dehors Ă regarder lâeau qui est superbe. Et les rives idem. Ă La Bouille, on reste dix minutes, et on revient, avec la barre, ou le flot, ou le Mascaret, raz-de-marĂ©e On est rentrĂ© Ă une heure. On fait du feu, on se sĂšche, on prend du thĂ©. Je repars avec Flaubert pour faire le tour de sa propriĂ©tĂ©, jardin, terrasses, verger, potager, ferme, citadelle, une vieille maison de bois bien curieuse qui lui sert de cellier, â la Sente de MoĂŻse 11. La vue dâen haut sur la Seine, le verger, abri excellent tout en haut, le terrain sec et blanc au-dessus, tout charmant, trĂšs poĂ©tique. Je mâhabille ; on dĂźne trĂšs bien. Je joue aux cartes avec les deux vieilles dames. Je cause ensuite avec Flaubert et je me couche Ă deux heures. Excellent lit ; on dort bien. Mais je retousse ; mon rhume est mĂ©content tant pis pour lui. Jeudi, 30 aoĂ»t DĂ©part de Croisset Ă midi avec Flaubert et sa niĂšce. Nous la dĂ©posons Ă Rouen. Nous revoyons la ville, le port 12, câest vaste et superbe. Un beau baptistĂšre dans une Ă©glise de JĂ©suites 13. Flaubert mâemballe. Ils sont contents tous les deux de cette visite qui leur a permis de mieux se connaĂźtre. Toi, tu es un brave et bon garçon, tout grand homme que tu es, et je tâaime de tout mon cĆur », lui Ă©crit-elle le lendemain de son dĂ©part 14. Et Flaubert de rĂ©pondre Vous avez extrĂȘmement plu Ă tout le monde. Câest comme ça ! on ne tient pas contre lâirrĂ©sistible et involontaire sĂ©duction de votre personne » 15. DĂ©jĂ , ils Ă©prouvent le besoin dâun Ă©panchement plus intime encore. Vous ĂȘtes un ĂȘtre trĂšs Ă part, mystĂ©rieux », lui dit-elle peu aprĂšs. Jâai eu de grandes envies de vous questionner, mais un trop grand respect de vous mâen a empĂȘchĂ©e » 16. Lâoccasion se prĂ©sentera bientĂŽt. Car voilĂ que la premiĂšre reprĂ©sentation de la Conjuration dâAmboise appelle Flaubert Ă Paris AprĂšs la piĂšce de Bouilhet, rien ne vous empĂȘchera, jâespĂšre, de revenir ici avec moi, non pour un jour comme vous dites, mais pour une semaine au moins. Vous aurez votre chambre, avec un guĂ©ridon et tout ce quâil faut pour Ă©crire » 17. George Sand, qui vient de rentrer Ă Nohant, aprĂšs un voyage en Bretagne, accepte de bon cĆur Je ferai mon possible pour ĂȘtre Ă Paris Ă la reprĂ©sentation de la piĂšce de votre ami, et jây ferai mon devoir fraternel comme toujours ; aprĂšs quoi, nous irons chez vous et jây resterai huit jours⊠Nous bavarderons, vous et moi, tant et plus. Sâil fait beau, je vous forcerai Ă courir. Sâil pleut toujours, nous nous cuirons les os des guibolles en nous racontant nos peines de cĆur » 18. La premiĂšre a lieu le 29 octobre 1866, et quelques jours aprĂšs, Sand et Flaubert partent ensemble pour Croisset SAND Ă CROISSET, 3-10 novembre 1866 Samedi, 3 novembre 19 DĂ©part de Paris Ă une heure avec Flaubert. Express trĂšs rapide. Temps dĂ©licieux, charmant pays, bonne causerie. A Rouen-gare, nous trouvons Mme Flaubert et son autre fils, le mĂ©decin 20. Ă Croisset, tour de jardin, causerie, dĂźner, recauserie et lecture jusquâĂ une heure et demie. Bon lit, sommeil de plomb. Dimanche, 4 novembre Temps ravissant. Tour de jardin jusquâau verger. Travail. Je suis trĂšs bien dans ma chambrette ; il y fait chaud. Ă dĂźner, la niĂšce et son mari, la vieille dame CrĂ©pet 21, tante du CrĂ©pet de Valentine. Elle sâen va demain. Patiences. Gustave me lit ensuite la fĂ©erie 22. Câest plein de choses admirables et charmantes ; trop long, trop riche, trop plein. Nous causons encore. A deux heures et demie, jâai faim ; nous descendons chercher du poulet froid Ă la cuisine. Nous sortons une tĂȘte dans la cour pour chercher de lâeau Ă la pompe. Il fait doux comme au printemps. Nous mangeons, nous remontons, nous fumons, nous recausons ; nous nous quittons Ă quatre heures du matin. Lundi, 5 novembre Toujours un temps dĂ©licieux. AprĂšs dĂ©jeuner, nous allons nous promener. JâentraĂźne Gustave qui est hĂ©roĂŻque 23. Il sâhabille et il me conduit Ă Canteleu ; câest Ă deux pas, en haut de la cĂŽte. Quel adorable pays, quelle douce, large et belle vue ! Je rapporte une charge de polypiers de silex 24 ; il nây a que de ça ! Nous rentrons Ă trois heures. Je travaille. AprĂšs dĂźner, recauserie avec Gustave. Je lui lis Cadio 25. Nous recausons et nous soupons, dâune grappe de raisin et dâune tartine de confitures. Mardi, 6 novembre Il pleut. Nous partons Ă une heure, en bateau Ă vapeur, pour Rouen, avec la maman. Je vas 26 avec Gustave au Cabinet dâHistoire naturelle ; reçus par M. Pouchet 27 sourd comme un pot et malade, et faisant des efforts inouĂŻs pour ĂȘtre charmant. Impossible dâĂ©changer un mot avec lui. Mais de temps en temps, il explique, et câest intĂ©ressant. LâaptĂ©ryx 28 ; le longipode ; le nid de quatre-vingts mĂštres de tour, avec les Ćufs abandonnĂ©s dans le fumier ; les petits qui naissent avec des plumes ; collection de coquilles superbe. Cabinets de M. Pouchet son araignĂ©e vivante, mangeuse dâoiseaux, son crocodile 29. Nous descendons au MusĂ©e des FaĂŻences ; jardin, statues, fragments, porte de Corneille 30. Nous rentrons dĂźner chez Mme Caroline Commanville 31. Ensuite Ă la mĂ©nagerie Schmidt 32. Superbes animaux apprivoisĂ©s comme des chiens. Les fĆtus ; la femme Ă barbe ; une pantomime foire Saint-Romain 33. Nous rentrons Ă minuit et demi Ă Croisset, avec la maman qui est trĂšs vaillante et qui a fait une grande course Ă pied. Nous causons encore jusquâĂ deux heures. Mercredi, 7 novembre Temps gris, pas froid. Tour de jardin. Travail Ă MontrevĂšche 34. JournĂ©e raisonnable. Le soir, Flaubert me lit la premiĂšre partie de son roman 35. Câest bien, bien. Il lit depuis dix heures jusquâĂ deux. Nous causons jusquâĂ quatre. Jeudi, 8 novembre MĂȘme temps gris. Tour de jardin. Travail. DĂźner. Causerie. Lecture du roman de Flaubert. Causerie. Vendredi, 9 novembre Malade ce matin. Je ne dĂ©jeune pas. Beau temps. Le soleil se montre un peu. Je travaille. Je fais ma malle. Samedi, 10 novembre Je quitte Croisset, bien portante ou Ă peu prĂšs, Ă midi et demi. Flaubert et sa mĂšre me conduisent Ă la gare. Je pars Ă une heure trois-quarts. En arrivant Ă Paris, ce samedi soir-lĂ , Sand apprend la mort de son ami Charles Duveyrier. Malade de chagrin, elle sâĂ©panche Ă Flaubert dans quelques lettres toutes pleines de mĂ©lancolie. Je vous donne la part de mon cĆur quâil avait », lui Ă©crit-elle. âŠAimez-moi plus quâavant puisque jâai de la peine » 36. Car ils sont bien familiers maintenant, remplis dâadmiration lâun pour lâautre, Ă©tonnĂ©s de se dĂ©couvrir si diffĂ©rents et de sâaimer tout de mĂȘme, heureux de sâentendre, malgrĂ© leurs conceptions littĂ©raires diamĂ©tralement opposĂ©es. Ăcoutons Flaubert dans la premiĂšre lettre Ă©crite aprĂšs le dĂ©part de son amie Sous quelle constellation ĂȘtes-vous donc nĂ©e pour rĂ©unir dans votre personne des qualitĂ©s si diverses, si nombreuses et si rares ? Je ne sais pas quelle espĂšce de sentiment je vous porte, mais jâĂ©prouve pour vous une tendresse particuliĂšre et que je nâai ressentie pour personne jusquâĂ prĂ©sent. Nous nous entendions bien, nâest-ce pas ?⊠Nous nous sommes sĂ©parĂ©s au moment oĂč il allait nous venir sur les lĂšvres bien des choses. Toutes les portes, entre nous deux, ne sont pas encore ouvertes. Vous mâinspirez un grand respect, et je nâose pas vous faire de questions » 37. Et voici son opinion exprimĂ©e dans une lettre Ă Mme Roger des Genettes, et qui semble sincĂšre Mon illustre amie, Mme Sand, mâa quittĂ© samedi soir. On nâest pas meilleure femme, plus bon enfant, et moins bas-bleu. Elle travaillait toute la journĂ©e, et le soir nous bavardions comme des pies jusquâĂ des trois heures du matin. Quoi quâelle soit un peu trop bienveillante et bĂ©nisseuse, elle a des aperçus de trĂšs fin bon sens, pourvu quâelle nâenfourche pas son dada socialiste. TrĂšs rĂ©servĂ©e en ce qui la concerne, elle parle volontiers des hommes de 48 et appuie volontiers sur leur bonne volontĂ© plus que sur leur intelligence » 38. Câest Ă partir de ce sĂ©jour-lĂ quâils commencent Ă sâadresser cette correspondance admirable par laquelle, discutant et dĂ©fendant les questions les plus Ă©levĂ©es et les plus diverses, sans jamais pleinement sâaccorder, ils ont Ă©rigĂ© un des monuments les plus curieux et les plus importants de la littĂ©rature française. LâannĂ©e sâĂ©coule. Flaubert travaille pĂ©niblement Ă son Ăducation Sentimentale ; G. Sand, avec sa facilitĂ© ordinaire, continue MontrevĂšche et Cadio. Il y a bien, de part et dâautre, quelques projets de visite, que la maladie fait Ă©chouer. Deux fois mĂȘme, en septembre 1867, G. Sand passe tout prĂšs de Croisset, pendant un voyage en Normandie, mais Flaubert nâest pas lĂ pour lâaccueillir. En mai 1868 pourtant, elle va se rendre encore aux instances de son ami. Ils ont lâintention de partir ensemble pour Croisset vers le 20, malgrĂ© lâinquiĂ©tude quâinspire Ă Sand la maladie de son amie Esther Lambert 39. Mais voilĂ que, tout Ă coup, Flaubert, exaspĂ©rĂ© au plus haut point par les bruits de Paris qui lâempĂȘchent de dormir, se rĂ©sout Ă quitter la capitale et Ă retourner Ă Croisset 40. G. Sand le suivra peu de jours aprĂšs SAND Ă CROISSET, 24-26 mai 1868 Dimanche. 24 mai 41 âŠJe voyage avec un militaire qui me rĂ©veille en me tapant sur lâĂ©paule pour mâoffrir du sucre dâorge. Nous nous quittons bons amis. Flaubert mâattend Ă la gare et me force Ă aller pisser pour que je ne devienne pas comme Sainte-Beuve 42. Il pleut Ă Rouen, comme toujours. Je trouve la maman moins sourde, mais plus de jambes, hĂ©las ! Je dĂ©jeune, je cause en marchant sous la charmille que la pluie ne perce pas Je dors une heure et demie sur un fauteuil et Flaubert sur son divan. Nous recausons. On dĂźne avec la niĂšce, son mari et Mme Frankline 43. Gustave me lit ensuite une farce religieuse 44. Je me couche Ă minuit. Lundi, 25 mai Croisset. Temps superbe. On dĂ©jeune et on va en voiture Ă Saint-Georges 45, par une cavĂ©e charmante au milieu des bois. Des tas de fleurs partout le gĂ©ranium purpureum superbe ; des polygalas, une scrophulaire. Le Saint-Georges, ancienne abbaye romane trĂšs belle ; salle de chapitre trĂšs conservĂ©e. On va Ă Duclair 46, oĂč on laisse reposer les chevaux, et on revient par Canteleu oĂč je monte sur le siĂšge pour voir le pays admirable. La descente, enchantĂ©e. On dĂźne avec les mĂȘmes et M. Commanville qui a le front plat. Mme Frankline chante, mal. Nous montons Ă neuf heures. Flaubert me lit trois cents pages excellentes 47 et qui me charment. Je me couche Ă deux heures. Je tousse beaucoup. Le tulipier est couvert de fleurs 48. Mardi, 26 mai Partie de Croisset Ă midi avec Gustave. BibliothĂšque de la ville, visite Ă Bouilhet ahuri 49. DĂ©part Ă une heure et demie. Pionçade jusquâĂ Paris⊠Je vas dĂźner avec Maxime Du Camp ; il est bien gentil, brave cĆur⊠à peine G. Sand partie, Flaubert la regrette mĂ©lancoliquement Je pense Ă vous », lui Ă©crit-il le 28 mai dĂ©jĂ . Je mâennuie de vous et je voudrais vous revoir, voilà ⊠Il faudra sâarranger pour venir ici cet automne passer une quinzaine » 50. Car il semble quâil a besoin dâelle pour lui remonter le moral » qui est dĂ©jĂ bien bas souvent. Voici comment il sâexprime Ă ce sujet dans une lettre Ă Mlle Leroyer de Chantepie Jâai eu pendant quelques jours, le mois dernier, la visite de notre amie Mme Sand. Quelle nature ! Quelle force ! Et personne en mĂȘme temps nâest dâune sociĂ©tĂ© plus calmante. Elle vous communique quelque chose de sa sĂ©rĂ©nitĂ© » 51. Mais lâautomne passe, et pas de G. Sand Ă Croisset ! La visite dont elle vient de nous raconter les dĂ©tails aura Ă©tĂ© la derniĂšre ! Dâautre part, Flaubert aussi dĂ©cline les invitations. En avril 1868 dĂ©jĂ , il lui a Ă©crit Je serais perdu si je bougeais dâici la fin de mon roman. Votre ami est un bonhomme en cire ; tout sâimprime dessus, sây incruste, y entre. Revenu de chez vous, je ne songerais plus quâĂ vous, et aux vĂŽtres, Ă votre maison, Ă vos paysages, aux mines des gens que jâaurais rencontrĂ©s, etc. Il me faut de grands efforts pour me recueillir ; Ă chaque moment je dĂ©borde » 52. Pour la mĂȘme raison, il refuse dâassister au baptĂȘme des petites-filles de G. Sand, en dĂ©cembre 1868, fĂȘte Ă laquelle on lâinvite avec instance Si jâallais chez vous Ă Nohant, jâen aurais ensuite pour un mois de rĂȘverie sur mon voyage. Des images rĂ©elles remplaceraient dans mon pauvre cerveau les images fictives que je compose Ă grandâpeine. Tout mon chĂąteau de cartes sâĂ©croulerait » 53. Le roman avant tout en effet, avant lâamour, avant lâamitiĂ©, avant le bonheur personnel ! Câest comme ça chez Flaubert, hĂ©las ! LâĂducation Sentimentale achevĂ©e, voilĂ un autre empĂȘchement la mort de son ami le plus intime, son alter ego, Louis Bouilhet. Flaubert va se mettre en quatre, sans succĂšs dâailleurs, pour faire jouer une de ses piĂšces posthumes Mademoiselle AĂŻssĂ© 54. Enfin, il promet sa visite pour NoĂ«l 1869. Sand, devenue sceptique, lui rappelle cette promesse tous les jours, avec parfois un peu dâironie malicieuse Lina 55 me charge de te dire quâon tâautorisera Ă ne pas quitter ta robe de chambre et tes pantoufles. Il nây a pas de dames, pas dâĂ©trangers. Enfin, tu nous rendras bien heureux et il y a longtemps que tu promets⊠» 56. Cette fois-ci pourtant, câest pour de bon FLAUBERT Ă NOHANT, 23-28 dĂ©cembre 1869 Jeudi, 23 dĂ©cembre 57 ⊠Flaubert et Plauchut 58 arrivent Ă cinq heures et demie. On sâembrasse, on dĂźne, on cause, on joue du python 59 et des airs arabes. Flaubert raconte des histoires. On se quitte Ă une heure. Vendredi, 24 dĂ©cembre Pluie et neige toute la journĂ©e. On est gai⊠Je descends dĂ©jeuner avec les autres Ă onze heures. Flaubert donne aux fillettes 60 des Ă©trennes qui les charment. Lolo porte son bĂ©bĂ© toute la journĂ©e. Elle joue dans ma chambre oĂč je reçois Flaubert et Plauchut. Et elle fait leur admiration. Elle a sa belle toilette ; Titite aussi. Tous les jeunes gens 61 viennent et dĂźnent. AprĂšs, les marionnettes, la tombola, un dĂ©cor fĂ©erique. Flaubert sâamuse comme un moutard. Arbre de NoĂ«l sur le théùtre. Cadeaux Ă tous. Lolo sâamuse ; elle est charmante et va se coucher sagement. Lina chaude et ravie. On fait RĂ©veillon splendide. Je monte Ă trois heures. Samedi, 25 dĂ©cembre On dĂ©jeune Ă midi. Tout le monde est restĂ©, sauf Planet. Flaubert nous lit de trois Ă six heures et demie sa grande fĂ©erie 62, qui fait grand plaisir, mais qui nâest pas destinĂ©e Ă rĂ©ussir. Elle nous plaĂźt fort ; on en cause beaucoup. Comme on dĂźne tard, Lolo dĂźne avec sa sĆur. Je lâai Ă peine vue aujourdâhui. On est trĂšs gai ce soir. Flaubert nous fait crever de rire avec lâEnfant prodigue 63. Dimanche, 26 dĂ©cembre Beau temps bien froid. On sort au jardin, mĂȘme Flaubert qui veut voir la ferme. Nous allons partout. On lui prĂ©sente le bĂ©lier Gustave. On cause au salon, on est calme. Les fillettes charmantes. RenĂ© et Edme sâen vont. Ă trois heures, Maurice se dĂ©cide Ă jouer avec Edme une improvisation, qui est charmante. Le premier acte admirablement rĂ©ussi, le second trop long ; mais trĂšs comique encore. Flaubert rit Ă se tordre. Il apprĂ©cie les marionnettes. Edme est excellent, plein dâesprit. Je monte Ă deux heures. Lundi, 27 dĂ©cembre Il neige sans dĂ©semparer. Fadet 64 ne veut pas mettre la patte dehors. On dĂ©jeune Ă midi. Lolo danse toutes ses danses. Flaubert sâhabille en femme et danse le cachucha 65 avec Plauchut. Câest grotesque ; on est comme des fous. Visite de M. et Mme Duvernet 66 qui nous calme. Visite du docteur. Edme et Antoine 67 parlent. Nous passons sagement la soirĂ©e Ă causer. Adieux de Flaubert. DĂ©cidĂ©ment, Flaubert est conquis par le monde de Nohant. Pendant toute la route, je nâai pensĂ© quâĂ Nohant », Ă©crit-il le 30 dĂ©cembre Je ne peux pas vous dire combien je suis attendri de votre rĂ©ception. Quels braves et aimables gens vous faites tous. Maurice me semble lâhomme heureux par excellence, et je ne puis mâempĂȘcher de lâenvier, voilĂ ! BĂ©cotez de ma part Mlle Lolo, dont je mâennuie extrĂȘmement. Mes compliments Ă Coq-en-bois 68 et Ă tous les chers lubriques » dont jâai partagĂ© les festins. Et puisque câest le moment des souhaits de bonne annĂ©e, je vous souhaite Ă tous la mĂȘme continuation, car je ne vois pas ce qui vous manque » 69. Les Ă©vĂ©nements de 1870-71 empĂȘchent provisoirement Flaubert de faire un nouveau sĂ©jour en Berry. Quant Ă G. Sand, elle vieillit peu Ă peu ; souvent malade, elle nâaime plus tellement les voyages ; elle prĂ©fĂšre rester tranquillement dans son intime Nohant, au milieu dâune famille et dâamis qui lâadorent. Elle fait pleuvoir les invitations sur la tĂȘte de Flaubert qui, de plus en plus maussade et misanthrope, se dĂ©robe toujours. Sand le lui reproche affectueusement Triste ou gai, je tâaime et je tâattends toujours, bien que tu ne parles jamais de venir nous voir et que tu en regrettes lâoccasion avec empressement ; on tâaime chez nous quand mĂȘme ; on nâest pas assez littĂ©raire pour toi, chez nous, je le sais ; mais on aime et ça emploie la vie » 70. Il promet Ă la fin de venir en janvier 1873, avec son grand ami Tourgueneff. Mais le temps sâĂ©coule ; Flaubert est retenu au logis par une grippe tenace. Et quand il est guĂ©ri, voilĂ que lâĂ©crivain russe, poire molle », comme le caractĂ©rise Flaubert, ne fait que diffĂ©rer la visite de jour en jour. Enfin, ils font le serment solennel » de partir le 12 avril, veille de PĂąques. Mais câest Flaubert seul qui entreprend le voyage, et Tourgueneff, Ă©tant encore retenu Ă Paris, nâarrivera que le 16 FLAUBERT A NOHANT. 12-19 avril 1873 Samedi, 12 avril 71 âŠFlaubert arrive pendant le dĂźner. Il a plutĂŽt maigri quâengraissĂ©. Plauchut, qui se croit mince, est aussi gros que lui. On joue au domino ; Flaubert y joue bien, mais ça lâĂ©touffe. Il aime mieux causer avec feu. Plauchut, dĂ©mocrate en chambre, soutient la bordĂ©e ; Maurice va de lâun Ă lâautre. JâĂ©coute. Dimanche, 13 avril, jour de PĂąques Enfin, le soleil est revenu, il fait beau. Lina fĂȘte le printemps Ă dĂ©jeuner il y a des fleurs sur la nappe et on mange du poussin. On va au jardin, Ă la ferme, aux Ă©tables, Ă Gustave 72, Ă toutes les bĂȘtes. Flaubert fouille la bibliothĂšque et ne trouve rien quâil ne connaisse. RenĂ© et le Docteur viennent dĂźner ; aprĂšs, on danse. Flaubert met une jupe et essaie le fandango 73. Il est bien drĂŽle, mais il Ă©touffe au bout de cinq minutes. Il est bien plus vieux que moi. Pourtant, je le trouve moins gros et moins fatiguĂ© dâaspect. Toujours trop vivant par le cerveau au dĂ©triment du corps. Notre vacarme lâassourdit. Plauchut est comme fou. Maurice a Ă©tĂ© dans la brande avec Aurore. Ils ont dĂ©couvert une mardelle 74, enfin ! Elle est ivre dâair et de plaisir. Ce soir, elle danse. Domino avec les jeunes gens. Vers minuit, Maurice Ă©pate Flaubert avec ses papillons 75. Lundi, 14 avril TrĂšs beau temps, trop chaud Ă midi. Jardin. Leçon de Lolo 76, qui est enrhumĂ©e du cerveau et qui a ce soir un petit mouvement de fiĂšvre aprĂšs dĂźner. Flaubert nous lit son Saint-Antoine 77, de trois Ă six et de neuf Ă minuit. Câest splendide. RenĂ© et le Docteur sont venus et dĂźnent. Ferri 78 arrive au beau milieu de la lecture, entend avec grand plaisir deux chapitres et va dĂźner chez AngĂšle 79, pour revenir demain matin. RenĂ© est enchantĂ©, le Docteur trĂšs intĂ©ressĂ©, moi tout Ă fait saisie et satisfaite, Plauchut Ă©patĂ© et comme rouĂ© de coups, Maurice trĂšs empoignĂ©, jusquâĂ avoir mal Ă la tĂȘte assez fort. Mardi, 15 avril TrĂšs beau temps. JournĂ©e dehors Ă causer au jardin tout en fleurs, sans trop de rien, câest-Ă -dire sans rien de trop au ciel et sur la terre. Ferri est venu dĂ©jeuner avec nous. Il est toujours charmant ; il sâen va Ă deux heures. Je reste encore avec Flaubert Ă causer jusquâĂ quatre heures. Je donne la leçon Ă Lolo. Le soir, on cause, on rit. Mercredi, 16 avril JournĂ©e grise, trĂšs chaude, mais trĂšs agrĂ©able. Nous partons pour la brande Ă midi ; nous allons tous voir la mardelle que Maurice a dĂ©couverte avec Lolo. Câest un grand trou oĂč se rend une eau tourbeuse ; câest tapissĂ© de grandes fougĂšres sĂšches sous lesquelles poussent au fond des herbes fraĂźches, des viola corrina, pulicaires, primevĂšres et de jeunes arbres. Promenade Ă pied dans les genĂȘts autour dâun joli bois de pins. Les orchis commencent Ă fleurir ; ce rose est charmant. Lolo marche comme un petit homme et Titite pas mal. On rentre pour sâhabiller et dĂźner. Tourgueneff arrive Ă la fin. Il va bien ; il est ingambe et rajeuni 80. On cause jusquâĂ minuit. Jeudi, 17 avril Mauvais temps. Je ne sors pas ; les enfants non plus. Leçon dâAurore. Causerie avec Tourgueneff et Flaubert. Tourgueneff nous lit une drĂŽlerie trĂšs animĂ©e. Les jeunes gens viennent dĂźner. On mange la dinde truffĂ©e, le pair de Plauchut. AprĂšs, on saute, on danse, on chante, on crie, on casse la tĂȘte Ă Flaubert qui veut toujours tout empĂȘcher pour parler littĂ©rature. Il est dĂ©bordĂ©. Tourgueneff aime le bruit et la gaĂźtĂ© ; il est aussi enfant que nous. Il danse, il valse. Quel bon et brave homme de gĂ©nie ! Maurice nous lit la Balade Ă la Nuit, on ne peut mieux. Il a grand succĂšs. Il Ă©pate Flaubert Ă propos de tout. Vendredi, 18 avril Joli temps. Il a plu considĂ©rablement. La fosse a montĂ© une marche. Tout fleurit, les lilas, les cragaegi 81 ; les arbres de Sainte-Lucie passent dĂ©jĂ . Jardin tout le monde. Leçon de Lolo. Causerie de Flaubert bien animĂ©e et drĂŽle, mais il nây en a que pour lui, et Tourgueneff, qui est bien plus intĂ©ressant, a peine Ă placer un mot. Ce soir, câest un assaut jusquâĂ une heure. Enfin, on se dit adieu. Ils partent demain matin. Plauchut reste pour mâattendre. Samedi, 19 avril On, vit avec le caractĂšre plus quâavec lâintelligence et la grandeur. Je suis fatiguĂ©e, courbaturĂ©e, de mon cher Flaubert. Je lâaime pourtant beaucoup et il est excellent, mais trop exubĂ©rant de personnalitĂ©. Il nous brise. Il pleut Ă verse depuis midi. Je donne la leçon, Ă Lolo. JâĂ©cris des lettres ; je ne sors pas. Ce soir, on danse, on fait du bruit, on joue aux dominos, on est bĂȘte avec dĂ©lices. On regrette Tourgueneff quâon connaĂźt moins, quâon aime moins, mais qui a la grĂące de la simplicitĂ© vraie et le charme de la bonhomie. Est-ce Ă dire que Flaubert se soit peu amusĂ© Ă Nohant ? Voici ce quâil Ă©crit Ă son amie, quelques jours aprĂšs son dĂ©part Il nây a que cinq jours depuis notre sĂ©paration et je mâennuie de vous comme une bĂȘte. Je mâennuie dâAurore et de toute la maisonnĂ©e, jusquâĂ Fadet. Oui, câest comme ça ; on est si bien chez vous ! vous ĂȘtes si bons et si spirituels ! Pourquoi ne peut-on vivre ensemble ? Pourquoi la vie est-elle toujours mal arrangĂ©e ? Maurice me semble ĂȘtre le type du bonheur humain. Que lui manque-t-il ? Certainement il nâa pas de plus grand envieux que moi » 82. Mais câest bien la derniĂšre fois que Flaubert est allĂ© chez son amie Ă Nohant, malgrĂ© plusieurs invitations pressantes. Ils ne se reverront plus quâĂ Paris, le mois suivant. Et puis, câest tout. Elle meurt, la bonne dame de Nohant », le 8 juin 1876, et parmi les amis venus de Paris pour assister Ă son enterrement, se trouve Flaubert, pleurant comme un veau ». Il fallait la connaĂźtre comme je lâai connue », Ă©crit-il peu aprĂšs Ă Mlle Leroyer de Chantepie, pour savoir tout ce quâil y avait de fĂ©minin dans ce grand homme, lâimmensitĂ© de tendresse qui se trouvait dans ce gĂ©nie. Elle restera une des illustrations de la France et une gloire unique » 83. Aurait-il pu mieux exprimer lâadmiration, le respect, la tendresse quâil avait vouĂ©s Ă celle quâil appelait sa chĂšre maĂźtre » ? Jacobs. 1 Nous avons pu copier ces passages Ă la BibliothĂšque Nationale, grĂące Ă la bienveillance de Mme Cordrocâh, bibliothĂ©caire au DĂ©partement des Manuscrits ; quâelle veuille bien accepter nos vifs remerciements. Une partie importante de ces relations a Ă©tĂ© publiĂ©e par M. AndrĂ© Maurois dans son beau livre LĂ©lla ou la Vie de George Sand, Paris, Hachette, 1952. Nous remercions lâauteur qui a bien voulu nous permettre de reproduire ces passages pour rendre notre rĂ©cit aussi complet que possible. Pour lâannotation de cet article, enfin, nous devons plusieurs renseignements Ă M. Jacques. Toutain, PrĂ©sident des Amis de Flaubert, dont on connaĂźt le zĂšle infatigable pour rendre service aux admirateurs du grand maĂźtre de Croisset. 2 Cf. Correspondance entre George Sand et Gustave Flaubert, Paris, Calmann-LĂ©vy, s. cl. 1916, p. 10, lettres n° XII et XIII. 3 Ćuvres complĂštes de Gustave Flaubert. Correspondance, t. V, 1929, lettre n° 862. 4 Ibid. n° 861. 5 Agenda de G. Sand, 1866. Bibl. Nat., DĂ©partement des Manuscrits, nouv. acq. fr. 6 Saint Maclou, Ă©glise de style gothique flamboyant, de pierre entiĂšrement sculptĂ©e, une des merveilles de Rouen ; Saint-Patrice, Ă©glise gothique, connue surtout par ses vitraux magnifiques. 7 Ancien cimetiĂšre situĂ© Ă cĂŽtĂ© de lâĂ©glise Saint-Maclou et dont les bĂątiments existent toujours AĂźtre Saint-Maclou. 8 Il sâagit Ă©videmment de la version de 1806. 9 Mme Vasse G. Sand Ă©crit Mme Vaas Ă©tait une amie dâenfance de Mme Flaubert. Une de ses filles, Coralie, Ă©tait lâĂ©pouse de lâofficier M. de la ChaussĂ©e. 10 Village situĂ© sur la Seine, Ăą dix-huit kilomĂštres au Sud-Ouest de Rouen. 11 Petit chemin rocailleux menant de Croisset Ă Canteleu et passant prĂšs de la propriĂ©tĂ© de Flaubert. Il a disparu lorsquâon a construit lâusine qui se trouve actuellement sur lâemplacement de la maison Flaubert. 12 Dans son Agenda, George Sand Ă©crit bien lisiblement le pont, ce qui est Ă©videmment une erreur. 13 Il y a dans lâĂ©glise Saint-Romain des fonts baptismaux dont le dĂŽme en bois est ornĂ© de bas-reliefs de la Renaissance, reprĂ©sentant des scĂšnes de la Passion. 14 Corr., p. 11, n° XIV. 15 Corr. de Fl. SupplĂ©ment Ăd. Jacques Lambert, t. II, n° 318. 16 Corr. p. 13, n° XVI. 17 Corr. de Fl. Ăd. Conard, t. V, n° 868. 18 Corr. p. 18, n° XVIII. 19 Agenda de G. Sand, 1866. Bibl. Nat., DĂ©pt des Mss, n. a. fr. 20 Achille Flaubert, chirurgien en chef de lâHĂŽtel-Dieu de Rouen. Il Ă©tait de neuf ans plus ĂągĂ© que Gustave. 21 Femme dâun magistrat de Rouen et mĂšre dâEugĂšne CrĂ©pet, qui Ă©tait lâami de Baudelaire et de Flaubert. 22 Le ChĂąteau des CĆurs, fait en collaboration avec Louis Bouilhet et le comte dâOsmoy. MalgrĂ© de nombreuses dĂ©marches de la part de Flaubert, la piĂšce ne fut jamais jouĂ©e. 23 On sait le peu de goĂ»t que Flaubert Ă©prouvait pour la promenade et lâexercice physique. 24 Squelette calcaire ou cornĂ© sĂ©crĂ©tĂ© par les polypes. 25 Roman dialoguĂ©, publiĂ© dans la Revue des Deux-Mondes, du 1er septembre au 15 novembre 1867, paru en volume en avril 1868. Paul Meurice lâadapta Ă la scĂšne ; la premiĂšre reprĂ©sentation eut lieu Ă la Porte Saint-Martin, le 3 octobre 1868. 26 Sand nâĂ©crit presque jamais je vais » dans sa prose familiĂšre. 27 FĂ©lix-ArchimĂšde Pouchet, mĂ©decin et naturaliste, directeur du MusĂ©um dâHistoire naturelle Ă Rouen, membre de lâAcadĂ©mie des Sciences. Son fils, Georges Pouchet, mĂ©decin et naturaliste comme son pĂšre, Ă©tait un ami assez intime de Flaubert. 28 Kiwi, genre dâoiseau propre Ă la rĂ©gion austro-zĂ©landaise. 29 Citons ici, Ă titre de curiositĂ©, un fragment inĂ©dit de la lettre de Flaubert Ă Sand du 27 dĂ©cembre 1866. Corr. Ăd. Conard, T. V, n° 867. Lâautographe est conservĂ© dans la Coll. SpĆlberch de Lovenjoul, Ă Chantilly Ah, jâoubliais une commission le pĂšre Pouchet mâa chargĂ© de vous dire que Il Ă©tait tellement troublĂ© par votre prĂ©sence, quâil avait oubliĂ© de vous dire que non seulement il admirait vos Ćuvres dĂ©mesurĂ©ment, mais encore celles de votre fils, etc. Quand il veut sâĂ©gayer, il ouvre Masques et Visages. Et il est revenu sur sa barbe qui nâĂ©tait pas faite ce jour-là ». Quant au livre de Maurice Sand, Flaubert fait Ă©videmment allusion aux Masques et Bouffons ComĂ©die Italienne, Paris, Michel LĂ©vy. 30 Lâancien MusĂ©e des FaĂŻences » est devenu depuis le MusĂ©e des AntiquitĂ©s », les faĂŻences ayant Ă©tĂ© transposĂ©es dans un nouveau musĂ©e, dit MusĂ©e des cĂ©ramiques ». Dans le jardin qui entourait le MusĂ©e des FaĂŻences, on avait mis beaucoup dâantiquitĂ©s rouennaises pierres et statues ; Ă lâintĂ©rieur du MusĂ©e, se trouvait et se trouve encore une porte en bois de chĂȘne provenant de la maison de Pierre Corneille, Ă Rouen. 31 NiĂšce de Flaubert. Sand orthographie Comenville ». 32 La Chronique de Rouen des 1er et 15 novembre 1866 signale la mĂ©nagerie Schmidt, installĂ©e au Cirque Sainte-Marie de la foire Saint-Romain et comprenant treize lions, un tigre de Bengale, lĂ©opards, hyĂšnes, ours noirs et blancs, un Ă©norme Ă©lĂ©phant, reptiles et crocodiles. 33 Câest probablement Ă cette occasion que Flaubert et G. Sand virent la Tentation de Saint-Antoine dans la baraque du pĂšre Legrain. 34 PiĂšce que G. Sand voulait tirer du roman du mĂȘme titre, paru en 1852. En mars 1867, elle renonça Ă ce projet cf. lettre Ă Flaubert du 4 mars 1867, Corr. p. 75. 35 LâĂducation Sentimentale. 36 Corr. lettres XXIV et XXVII, pp. 27 et 31. 37 Corr. Ăd. Conard, T. V, n° 876. 38 Ibid., n° 875. 39 Femme du peintre EugĂšne Lambert. Elle Ă©tait sur le point dâaccoucher, mais des complications rendaient lâĂ©vĂ©nement prĂ©caire. 40 On peut lire le rĂ©cit amusant de cette terrible journĂ©e dans une lettre aux Goncourt. Corr., Ăd. Conard, T. V, n° 968. 41 Agenda de G. Sand, 1868. B. N., Dt des Mss, n. a. fr. 42 Sainte-Beuve souffrait Ă ce moment dâune maladie de vessie. 43 Mme Frankline Grout, amie de Caroline Commanville, la niĂšce de Flaubert. Sand Ă©crit, Franqueline » . 44 Sâagirait-il dĂ©jĂ de la Vie et Travaux du Cruchard ? Ou plutĂŽt de LâEnfant prodigue ?Voir ce que Sand dit le 25 dĂ©cembre 1869. 45 Il existe dans le village de Saint-Martin-de-Boscherville une Ă©glise cĂ©lĂšbre du 13e siĂšcle art roman dans sa plĂ©nitude, intitulĂ©e Abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville. LâĂ©glise est encore solide, mais il ne reste de lâAbbaye quâun petit cloĂźtre et quelques salles. 46 Petite ville, situĂ©e sur la Seine, Ă vingt kilomĂštres Ă lâOuest de Rouen. 47 De lâĂducation Sentimentale. 48 Ce tulipier intĂ©ressait hautement G. Sand. Ă sa premiĂšre visite, elle lâavait dĂ©jĂ remarquĂ©, et aprĂšs son retour Ă Paris, elle en avait rĂ©clamĂ© quelques feuilles. Cf. Corr. pp. 11 et 12. 49 Bouilhet Ă©tait conservateur de la BibliothĂšque de Rouen depuis mai 1867. 50 Corr., Suppl., T. II, n° 386. 51 Corr., Ăd. Conard, T. V, n° 974. 52 Ibid., n° 966. 53 Ibid., n° 1005. 54 La piĂšce ne devait ĂȘtre jouĂ©e que le 6 janvier 1872. 55 Ăpouse de Maurice, le fils de G. Sand. 56 Corr. p. 190, n° CXL. 57 Agenda de G. Sand, 1869. B. N., Dt des Mss, n. a. fr. 58 Edmond Plauchut, ami intime de G. Sand. 59 Plaisanterie pour serpent, instrument de musique. 60 Maurice Sand avait Ă©pousĂ©, en 1862, Lina Calamatta, fille du graveur italien Luigi Calamatta. Ils avaient deux filles, Aurore Lolo, nĂ©e le 9 janvier 1866 etGabrielle Titite, nĂ©e le 12 mars 1868. CâĂ©tait surtout Aurore que Sand adorait. 61 Ainsi sont dĂ©signĂ©s ordinairement, dans les Ă©crits familiers de G. Sand, ses nouveaux amis, souvent trĂšs jeunes encore, habitant La ChĂątre et les environs de Nohant. Ă ce cercle appartiennent, entre autres, Maxime de Planet et les petits-neveux de Sand, RenĂ©, Edme, et Albert Simonnet. Ils venaient souvent la voir pour, Ă©gayer sa vieillesse. 62 Le ChĂąteau des CĆurs. 63 Voir la note 44. 64 Le chien de Nohant. 65 Danse espagnole trĂšs populaire. 66 Anciens amis de G. Sand, habitant La ChĂątre. 67 Antoine Ludre, fils de lâavouĂ© de G. Sand et un des jeunes gens ». 68 Personnage du théùtre cles marionnettes. 69 Corr. Suppl., T. II, n° 475. 70 Corr. p. 339, n° CCLX. 71 Agenda de G. Sand, 1873. B. N., PDt des Mss, n. a. fr. 72 Le bĂ©lier. 73 Danse espagnole dâun caractĂšre voluptueux. 74 Mardelle, syn. de Margelle. Nom donnĂ© dans le Berry aux effondrements tronconiques produits par le passage des eaux souterraines Ă travers lâargile Ă silex et que lâon a attribuĂ©s dâabord Ă la main de lâhomme. Larousse du XXe siĂšcle. 75 Maurice Sand avait publiĂ© en 1806 Le Monde des Papillons Paris, Rothschild. 76 Sand tenait Ă instruire elle-mĂȘme sa petite-fille. Elle ne se privait que rarement de ce plaisir, mĂȘme quand elle Ă©tait malade ou quâil y avait des visiteurs. 77 TerminĂ© en 1872 dĂ©jĂ , mais publiĂ© seulement en 1874. 78 Le GĂ©nĂ©ral Ferri-Pisani, attachĂ© Ă la Maison du Prince JĂ©rĂŽme Bonaparte, grand ami de G. Sand. 79 Mme AngĂšle PĂ©rigois, nĂ©e NĂ©raud, amie de G. Sand, habitant non loin de Nohant. 80 On sait que Tourgueneff souffrait trĂšs souvent de la goutte. 81 AubĂ©pines. 82 Corr., Ăd. Conard, T. VII, n° 1367. 83 Ibid., n° 1383.
lettre de george sand Ă son fils