đŠ Lettre D Un Poilu Ă Sa Femme
lessentiel Manon Hoarau, une mĂ©diatrice culturelle, a retrouvĂ© lâannĂ©e derniĂšre dans une malle les lettres dâun poilu toulousain Ă sa femme. Son documentaire est Ă voir aujourdâhui Ă lâoccasion des cĂ©rĂ©monies commĂ©moratives du 11-Novembre. Câest un rĂ©cit captivant, touchant par sa proximitĂ©, que Manon Hoarau, une mĂ©diatrice culturelle, et le
4eme, 5eme Primaire Lecture - Compréhension - Lettre d'un poilu Lettre d'un poilu Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Tous espÚrent que les hostilités seront de courte durée mais le conflit se prolonge. Cette guerre moderne, pour laquelle on met au point de nouvelles armes redoutables, durera quatre ans et laissera derriÚre elle des
Plusd'un siÚcle aprÚs, ce vendredi 23 février 2018, la police marseillaise a retrouvé les descendants de ce poilu en CÎte-d'Or et pu remettre la missive à sa famille.
Lexpression marraine de guerre dĂ©signe les femmes ou les jeunes filles qui entretiennent des correspondances avec des soldats au front durant la PremiĂšre Guerre mondiale afin de les soutenir moralement, psychologiquement voire affectivement.Il s'agissait souvent de soldats livrĂ©s Ă eux-mĂȘmes, ayant par exemple perdu leur famille. La marraine de guerre
Dun poilu Ă un autre restĂ© au front, Jean Piot savoure la capitulation allemande, Lettres de Henri Barbusse Ă sa femme. Henri Barbusse. Achetez ce livre sur : AMAZON; GOOGLE; ITUNES; FNAC; LES LIBRAIRES; Cet article fait partie de lâĂ©poque : PremiĂšre Guerre mondiale (1914-1918) PremiĂšre Guerre mondiale (1914-1918) voir l'Ă©poque. Long Format. La guerre
Jet Ă©cris allongĂ© dans du foin, Ă la lumiĂšre d'une bougie. Je l'ai dit Ă Ferry, je l'ai dit au lieutenant. Joffre passerait je crois que je l'arrĂȘterais pour le lui dire, mais il est loin quelque part vers le front, plus prĂšs des Boches que nous en ce moment. maxime. Re: question sur une lettre de poilu.
Lettresde poilus. mars 18, 2017. Une double lecture - questionnaires sur le thÚme de la PremiÚre guerre mondiale. Voici un travail préparé il y a quelques années pour mes 3e segpa, et mis à jour pour mes CM2. J'utilise deux lettres de poilus, un français et un allemand, et dans la version pour les CM2, j'ai joué la censure hélas, car
Exprimerson chagrin Ă une personne endeuillĂ©e. Cher ami, Une belle Ăąme, pleine de gĂ©nĂ©rositĂ© et de compassion, s'en est allĂ©e loin de toi, en te laissant dans la solitude et le chagrin. Perdre un ĂȘtre proche, c'est perdre un peu de soi-mĂȘme. Lorsque j'ai connu cette Ă©preuve, lors du deuil de mon mari, j'ai eu l'impression pendant des
CHRONIQUE- Grùce à la ténacité d'une association, une famille a pu enterrer ce jeudi à Massiges, Ferdinand Guers, un poilu tué le 25 septembre 1915 lors de la PremiÚre Guerre mondiale.
UnecĂ©rĂ©monie du 11-Novembre qui revĂȘtait un caractĂšre particulier. En effet, une lecture a Ă©tĂ© faite par Erwan ThĂ©bault, directeur de l'Ă©cole publique, de la derniĂšre lettre d'un Poilu
Ondit souvent que ce nâest pas la taille du pĂ©nis qui compte. Pourtant, elle jouerait un rĂŽle dans lâattirance quâont les femmes
Monpapa en guerre : Lettres de poilus, mots d'enfants 1914-1918 de Guéno, Jean-Pierre et d'autres livres, articles d'art et de collection similaires disponibles sur AbeBooks.fr.
Postépar Kilroy1 le 13/7/2020 10:28:12. La derniÚre lettre du soldat français Charles Guinant à sa femme pendant la PremiÚre Guerre mondiale. Vidéo (2mn11s) : La derniÚre lettre du soldat français Charles Guinant. Vidéo : Nombre de morts par pays durant la PremiÚre Guerre mondiale.
ExempleĂ©crit pour les Ă©lĂšves: lettre dâun poilu Ă©crite pour les Ă©lĂšves. Disciplines concernĂ©es: Histoire, français. Voici la fiche des compĂ©tences travaillĂ©es : fiche compĂ©tences lettre de poilus. Cette tĂąche peut sâadapter pour dâautres Ă©poques ! Un grognard Ă©crit Ă sa femme du front dâAusterlitz. Un soldat romain Ă©crit Ă sa femme dâ AlĂ©sia etc. Comments (3) 3
Magnifiquelettre dâamour dâun homme Ă sa femme : Souffle coupĂ©. Tu Ă©tais si belle cette nuit quand je me suis rĂ©veillĂ© transpirant. Si belle de sĂ©rĂ©nitĂ©. Es-tu la derniĂšre ? Vais-je un jour ressentir le frĂ©missement dâune nouvelle histoire parcourir mon corps ? Ta peau est-elle la derniĂšre que je vais effleurer de mes doigts ?
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Moment d'Ă©motion et de recueillement vendredi matin, en face du monument aux Morts des Camoins 11e. RĂ©plique de la lettre de son arriĂšre-arriĂšre-grand-oncle en mains, Clara Drouhot lit les derniers mots de Jean Soulagnes, mort sur le front pendant la guerre de 14-18 et s'adressant le 27 mai 1915 Ă son "seul ami" Jean Audiffen. "Vous ne refuserez pas le pĂ©nible service, en cas d'Ă©vĂ©nement grave, d'avertir ma famille et ma fiancĂ©e qu'avant de mourir, aprĂšs avoir donnĂ© ma vie au pays, mon Ăąme ne pense qu'Ă eux", rĂ©cite du haut de ses 8 ans la jeune fille entourĂ©e de ses parents. PrĂ©monitoire lettre. Le 8 juin 1915, Jean Soulagnes est tuĂ© dans le nord de la France, sur le front de la Somme, Ă HĂ©buterne. Pendant 103 ans, le nom de Jean Soulagnes ne sera plus il ressort des tranchĂ©es en 2018 Ă la faveur d'une enquĂȘte des policiers de la BSU de la Division centre de Marseille. Ă la suite d'une sĂ©rie de cambriolage Ă Marseille et dans sa pĂ©riphĂ©rie, une perquisition est menĂ©e au domicile d'un suspect dans le 5e arrondissement de la citĂ© phocĂ©enne. Ici et lĂ des preuves des mĂ©faits sont trouvĂ©es. Au fond d'un sac en plastique, la lettre de Jean Soulagnes, pliĂ©e en quatre. Le major Laurent est chargĂ© de l'enquĂȘte. "Nous avons tout de suite compris qu'il s'agissait d'une piĂšce rare. D'une saisie diffĂ©rente", rembobine-t-il. Par chance, la lettre est en bon lecture empreint les enquĂȘteurs d'une Ă©motion rare. "Ă travers elle, on peut mesurer tout le dĂ©vouement des soldats", souligne avec solennitĂ© le directeur dĂ©partemental de la sĂ©curitĂ© publique, Jean-Marie Salanova. Cette trace de l'histoire de France, ce tĂ©moignage rare pourrait ne rester qu'une piĂšce Ă conviction sous scellĂ© dans une enquĂȘte criminelle. En accord avec sa direction, la cellule communication de la DDSP dĂ©cide de pousser plus loin les enquĂȘte participativePas n'importe comment, pas par n'importe quel biais les citoyens du Net, les gĂ©nĂ©alogistes vont ĂȘtre mis Ă contribution. Via les rĂ©seaux sociaux, les comptes Facebook et Twitter de la police nationale des Bouches-du-RhĂŽne, la lettre est publiĂ©e. Le message qui l'accompagne est important. Il invite quiconque Ă donner des informations sur Jean Soulagnes dans le but de remettre la lettre Ă ses quelques heures, les policiers obtiennent des milliers de rĂ©ponses. Beaucoup d'encouragements et surtout des Ă©lĂ©ments pertinents sur Jean Soulagnes recueillis entre autres par Marie-Louise Bicais lire ci-dessous, gĂ©nĂ©alogiste amateur sur Marseille. Premier rĂ©flexe, elle consulte les Archives dĂ©partementales et met au jour une sĂ©rie de documents retraçant la vie du soldat. Son acte de naissance et son acte de dĂ©cĂšs imprimĂ©s, avec les autres enquĂȘteurs derriĂšre leurs ordinateurs, elle trouve le nom des parents proches. Le nom de sa fiancĂ©e Marthe de Sorbiers remonte Ă©galement Ă la surface. Les gĂ©nĂ©alogistes dĂ©couvriront qu'elle s'est mariĂ©e cinq ans aprĂšs la mort de Jean Soulagnes. "C'est la vie", commente avec Ă©motion Marie-Louise, pas au bout de ses remontant le fil des archives, elle met en Ă©vidence le nom de Drouhot. Sur diffĂ©rents sites de gĂ©nĂ©alogie, cette famille basĂ©e en CĂŽte d'Or a publiĂ© une partie de son arbre gĂ©nĂ©alogique. Suffisant pour que les enquĂȘteurs du Net fassent le lien avec Jean Soulagne. La cellule communication de la police nationale des Bouches-du-RhĂŽne se charge de certifier le lien de filiation. StĂ©phane Drouhot est l'arriĂšre-petit-neveu du soldat mort au moins de 48 heures et grĂące Ă l'investissement de milliers de personnes, la lettre va pouvoir leur ĂȘtre remise. Plus de 103 ans aprĂšs, le rendez-vous fut donc donnĂ© dans l'une des salles de l'HĂŽtel de police de Marseille avant de se rendre devant le monument aux Morts des Camoins. Au milieu de la dizaine de noms rappelant le sacrifice de cette jeunesse française durant la PremiĂšre Guerre mondiale figure celui de Jean Soulagnes. En haut de la stĂšle du monument, un message "Aux enfants des Camoins morts pour la France". Le 1818 l'incroyable histoire de la lettre d'un poilu marseillais retrouvĂ©e 103 ans aprĂšs Marie-Louis Bicais, gĂ©nĂ©alogiste "La gĂ©nĂ©alogie est passionnante" Comment enquĂȘte un gĂ©nĂ©alogiste ?DĂ©jĂ en Ă©tant curieux ! Pour trouver l'histoire de sa famille et la remonter. On procĂšde comme la police on trouve un petit bout de fil et on dĂ©roule. Ă partir d'un nom, on part Ă la recherche de l'acte de naissance. On le trouve sur le site des archives dĂ©partementales. Il y a Ă©normĂ©ment d'archives en ligne dĂ©sormais, elles sont numĂ©risĂ©es. Sur l'acte de naissance, on a le nom des parents, etc. Avec les archives en ligne, c'est formidable car on peut tout faire depuis son fauteuil chez soi. Et une fois qu'on a le nom des parents, on va sur un site de gĂ©nĂ©alogie, on tape le nom et on regarde si quelque chose sort. Aujourd'hui, il y a deux sites importants de gĂ©nĂ©alogie GĂ©nĂ©anet et Philae. je recommande aux gens de mettre son arbre gĂ©nĂ©alogique. Car on met Ă disposition des informations, ce qui fait qu'il suffit de taper un nom pour reconstituer des choses. C'est passionnant on ne s'en lasse pas. Ăa fait 25 ans que je fais de la gĂ©nĂ©alogie. J'ai pu retracer l'histoire de ma famille jusqu'au XIIe siĂšcle. Comment avez-vous procĂ©dĂ© avec l'histoire du poilu ?Effectivement. On a trouvĂ© le nom Soulagnes dans un arbre gĂ©nĂ©alogique sur le Net. C'Ă©tait bien lui car c'Ă©tait les mĂȘmes parents sur l'acte de naissance. Il Ă©tait lĂ avec ses frĂšres et soeurs. Il n'avait pas de descendance donc il fallait chercher s'il y a avait des traces de frĂšres et soeurs et on a trouvĂ© la trace de l'une de ses soeurs dans l'arbre de monsieur Drouhot. Tout le monde n'a pas son arbre gĂ©nĂ©alogique sur internet. L'avantage avec Monsieur Drouhot, c'est qu'il a eu la curiositĂ© de faire des recherches et de mettre son arbre sur internet, donc on trouve son arriĂšre-grand-mĂšre, etc. Mais si les autres frĂšres et soeurs de Jean Soulagnes ont eu une descendance mais que cette descendance n'a pas Ă©tĂ© curieuse pour faire la gĂ©nĂ©alogie, on ne connaĂźtra pas les descendants. Quid du destinataire de la lettre, Jean Audiffen ?Pour Monsieur Audiffen, certains pensent avoir trouvĂ© qui il Ă©tait mais je crois qu'ils n'ont pas la certitude que c'Ă©tait le bon. En revanche, pour la fiancĂ©e, quelqu'un a trouvĂ© son nom dans l'avis de dĂ©cĂšs de Jean Soulagnes. Elle Ă©tait sur un arbre sur un internet et je suis allĂ©e voir son acte de mariage sur les archives dĂ©partementales. Elle s'est mariĂ©e en 1920. Le soldat est dĂ©cĂ©dĂ© en 1915. C'est passionnant de retracer ces pans d'histoire de France. Il est lâarriĂšre-petit-neveu du poiluStĂ©phane Drouhot est venu de CĂŽte d'Or avec sa femme et sa fille, Il parle d'un "lien invisible". D'un "sentiment Ă©trange" lors de ses passages Ă Marseille pour les vacances. Sa mĂšre Arlette lui avait confiĂ© que ses lointains aĂŻeuls pouvaient ĂȘtre originaires de la rĂ©gion. Mais de sa CĂŽte d'Or natale, StĂ©phane Drouhot, 48 ans, n'aurait jamais imaginĂ© se retrouver aux Camoins pour recevoir des mains de la police nationale la lettre de son arriĂšre-grand-oncle dĂ©cĂ©dĂ© sur le front de la Somme. "Quand j'ai appris la nouvelle, je suis tombĂ© des nues", assure-t-il avec Ă©motion. Ce n'est pas la la suite de l'appel sur Twitter, une formidable chaĂźne de recherches s'est mise en place. En moins de deux jours, son nom est retrouvĂ© par les gĂ©nĂ©alogistes amateurs. "J'ai comptĂ©. J'ai reçu 236 mails pour me dire qu'une lettre avait Ă©tĂ© retrouvĂ©e", souligne avec Ă©tonnement le Bourguignon. Un par un, il leur rĂ©pond. Par tĂ©lĂ©phone, le major Louis lui confirme la nouvelle. Ses propres recherches permettent de construire son arbre gĂ©nĂ©alogique et de mieux comprendre sa propre d'une famille de quatre enfants, Jean Soulagnes avait une grande soeur prĂ©nommĂ©e Anita. Pendant la guerre, elle s'Ă©tait mariĂ©e avec un officier originaire de CĂŽte d'Or. VoilĂ pour son ascendance directe mais il lui manque des Ă©lĂ©ments sur les descendants des frĂšres et soeurs du soldat. "Cela m'importe car eux aussi pourraient avoir un exemplaire de la lettre", relate StĂ©phane Drouhot. Pour sa part, le fac-similĂ© va rejoindre un mur de sa maison oĂč les diffĂ©rentes dĂ©corations de ses aĂŻeuls sont affichĂ©es. Ses propres recherches gĂ©nĂ©alogiques font Ă©tat d'un certain nombre de dĂ©corations militaires dans sa famille. "Au-delĂ de cela, ce qui m'intĂ©resse vraiment, ce sont les petites histoires". Avec la lettre retrouvĂ©e du poilu, il en a une grande Ă raconter.
LA DERNIĂRE LETTRE D'UN POILU Ă SA FEMMELES POILUS, HĂROS ĂTERNELS" LA SENTENCE EST TOMBĂE JE VAIS ĂTRE FUSILLĂ POUR L'EXEMPLE, DEMAIN, AVEC SIX DE MES CAMARADES, POUR REFUS D'OBTEMPĂRER. "Le 30 mai 1917LĂ©onie chĂ©rie,J'ai confiĂ© cette derniĂšre lettre Ă des mains amies en espĂ©rant qu'elle t'arrive un jour afin que tu saches la vĂ©ritĂ© et parce que je veux aujourd'hui tĂ©moigner de l'horreur de cette nous sommes arrivĂ©s ici, la plaine Ă©tait magnifique. Aujourd'hui, les rives de l'Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversĂ©e, brĂ»lĂ©e. Le paysage n'est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchĂ©es de premiĂšre ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelĂ©s, c'est la guerre des mines avec la perspective de sauter Ă tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, Ă©paisse, collante dont il est impossible de se dĂ©barrasser. Les tranchĂ©es s'Ă©croulent sous les obus et mettent Ă jour des corps, des ossements et des crĂąnes, l'odeur est manque l'eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillĂ©s, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid Ă cause de la longueur des boyaux Ă parcourir. Nous n'avons mĂȘme plus de sĂšches pour nous rĂ©conforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous partons au combat l'Ă©pingle Ă chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffĂ©s d'un casque en tĂŽle d'acier lourd et incommode mais qui protĂšge des ricochets et encombrĂ©s de tout l'attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participĂ© Ă des offensives Ă outrance qui ont toutes Ă©chouĂ© sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissĂ© extĂ©nuĂ©s et dĂ©sespĂ©rĂ©s. Les malheureux estropiĂ©s que le monde va regarder d'un air dĂ©daigneux Ă leur retour, auront-ils seulement droit Ă la petite croix de guerre pour les dĂ©dommager d'un bras, d'une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaĂźt Ă tous comme une infĂąme et inutile 16 avril, le gĂ©nĂ©ral Nivelle a lancĂ© une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un Ă©chec, un dĂ©sastre ! Partout des morts ! Lorsque j'avançais les sentiments n'existaient plus, la peur, l'amour, plus rien n'avait de sens. Il importait juste d'aller de l'avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d'accĂšs boisĂ©es, Ă©taient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil Ă l'Ă©paule j'errais, la sueur dĂ©goulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausĂ©e. Un vrai charnier s'Ă©tendait Ă mes pieds. J'ai descendu la butte en enjambant les corps dĂ©sarticulĂ©s, une haine terrible s'emparant de assaut a semĂ© le trouble chez tous les poilus et forcĂ© notre dĂ©sillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l'Ă©tat major. Tous les combattants dĂ©sespĂšrent de l'existence, beaucoup ont dĂ©sertĂ© et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter Ă dĂ©poser les armes. La semaine derniĂšre, le rĂ©giment entier n'a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchĂ©e, nous avons refusĂ© de continuer Ă attaquer mais pas de nos officiers ont Ă©tĂ© chargĂ©s de nous juger. J'ai Ă©tĂ© condamnĂ© Ă passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombĂ©e je vais ĂȘtre fusillĂ© pour l'exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d'obtempĂ©rer. En nous exĂ©cutant, nos supĂ©rieurs ont pour objectif d'aider les combattants Ă retrouver le goĂ»t de l'obĂ©issance, je ne crois pas qu'ils y LĂ©onie chĂ©rie que je ne suis pas coupable mais victime d'une justice expĂ©ditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliĂ©s de l'histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandĂ©s, Ă l'aube, agenouillĂ© devant le peloton d'exĂ©cution. Je regrette tant ma LĂ©onie la douleur et la honte que ma triste fin va t' si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon dĂ©part au combat Ă©tait une si douce et si jolie folie mais aujourd'hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cĆur. Je vous demande pardon mes anges de vous mon amour de taire Ă ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son pĂšre est tombĂ© en hĂ©ros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mĂ©moire des poilus fusillĂ©s pour l'exemple est rĂ©habilitĂ©e, mais je n'y crois guĂšre, alors seulement, et si tu le juges nĂ©cessaire, montre-lui cette doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous aussi ma douce LĂ©onie, lorsque le temps aura lissĂ© ta douleur, de ne pas renoncer Ă ĂȘtre heureuse, de continuer Ă sourire Ă la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite Ă toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous mĂ©ritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cĆur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravĂ©s dans ma mĂ©moire, seront mon dernier rĂ©confort avant la ton mari qui t'aime tant.
Le 31 aoĂ»t 1916, Albert LEMORE de Saint-Rimay Loir-et-Cher fait Ă son Ă©pouse âFanieâ un rĂ©cit dĂ©taillĂ© dâun combat de la bataille de Verdun auquel il vient de participer âMa ChĂšre Fanie, je vais te raconter nos misĂšres et je profite dâun moment oĂč nous sommes un peu tranquilles. Nous sommes donc partis dâHaudainville le 25 au soir et arrivĂ©s avec beaucoup de peines vers deux heures du matin le 26 Ă notre emplacement. En arrivant nous nâavions pour tout que des trous dâobus pour nous cacher. Jâai oubliĂ© de te dire que nous sommes un peu Ă droite de Fleury et dans un bois oĂč il ne reste que les ruines en lâair en face le Fort de Vaux. Je crois que lâendroit sâappelle Vaux Chapitre. Je te disais donc que nous nâavions que des trous dâobus pour nous abriter, nous nous sommes donc mis Ă travailler pour nous creuser quelques abris. Nous Ă©tions tout le rĂ©giment, câest-Ă -dire trois bataillons, le mien câest le 5Ăšme, le bombardement a commencĂ© vers neuf heures et lĂ il a fallu nous cacher dans nos trous car comme je tâavais dit nous savions que lâon nous faisait attaquer ce qui Ă©tait loin de nous plaire et quand nos artilleurs ont commencĂ© Ă tirer les boches nâont pas Ă©tĂ© paresseux ils avaient de quoi rĂ©pondre JusquâĂ cinq heures du soir notre artillerie nâa cessĂ© de tonner câĂ©tait lĂ lâheure de lâattaque. Deux compagnies par bataillon devaient attaquer et la troisiĂšme de soutien. CâĂ©tait chez nous la 17 et 18 et nous nous Ă©tions en arriĂšre mais pas de beaucoup 50 Ă soixante mĂštres. A lâheure de sortir, câest-Ă -dire dĂšs que les boches ont aperçu les premiers hommes français ils ont redoublĂ© de croissance leurs bombardements, les fusils et mitrailleuses se sont mis en marche et les quelques courageux qui Ă©taient montĂ©s les premiers sont tombĂ©s de suite les autres plus prudents ne sont pas sortis lâattaque a donc Ă©chouĂ© complĂštement. On devait nous faire remettre ça le lendemain Ă la 19Ăšme mais lĂ pas un nâaurait sorti de son trou, mais comme les pertes Ă©taient dĂ©jĂ trĂšs Ă©levĂ©es et en plus que toute la nuit nous avions souffert du bombardement et de la pluie qui tombait Ă flots il y a heureusement eu contre ordre, mais le 28 ça Ă©tĂ© le tour aux boches aprĂšs nous avoir bombardĂ©s violemment ils ont essayĂ© une premiĂšre attaque vers huit heures et une seconde une heure plus tard eux aussi sont tombĂ©s sur un manche et nâont pu sortir. Le lendemain soir 29 nous avons encore cru Ă une attaque ennemie mais elle nâa pas eu lieu. Ce matin Ă huit heures ils ont recommencĂ© mais lĂ encore ça sâest terminĂ© en peu de temps et ni nous ni eux ne pouvons avancer sous un pareil feu, câest atroce et honteux de voir de pareilles choses. Comme pertes nous nâavons pas beaucoup de tuĂ©s mais encore que trop, quant aux blessĂ©s ils sont nombreux et tant mieux pour celui qui a la bonne blessure. Ce qui est le plus Ă dĂ©plorer câest que beaucoup sont tuĂ©s ou blessĂ©s par nos canons de 75 ce matin encore Ă la compagnie il y a un tuĂ© et cinq blessĂ©s par notre artillerie. Câest cela qui nous dĂ©courage le plus de voir des camarades tomber par nous. Je ne te donnerai pas grands dĂ©tails sur les camarades du pays mais je crois quâils sont en bonne santĂ©. Jâai eu des nouvelles dâEdmond DOLBEAU le lendemain de lâattaque quâil nâavait rien. Son caporal GRENET de Saint-Martin doit ĂȘtre blessĂ©. Je nâai pas de nouvelles de RENIER ni de Louis FURET mais je crois quâils nâont rien et quoi que nous avons peut-ĂȘtre encore plusieurs jours Ă faire dans ce mauvais coin jâespĂšre mâen tirer sain et sauf ⊠Enfin, depuis six jours ma pauvre femme il y a le tiers dâhommes blessĂ©s dans le rĂ©giment. Au revoir et Ă demain. Je tâembrasse de tout cĆur ainsi que toute la famille. Albert LEMORE Ă©tait nĂ© le 18 juin 1877 Ă Saint-Rimay, fils de RenĂ© et Marie ROUSSELET. Exerçant la profession de vigneron, il habitait au lieu-dit Villebazin Ă Saint-Rimay. Ayant Ă©pousĂ© NoĂ©mie HUBERT, nommĂ©e Fanie dans sa lettre, il avait deux enfants RenĂ© nĂ© en 1906 et Albert nĂ© en 1910. Il avait Ă©tĂ© incorporĂ© le 3 aoĂ»t 1914 au 86Ăšme rĂ©giment dâinfanterie territoriale. Il fut tuĂ© Ă lâennemi le 15 aoĂ»t 1918 Ă Vic-sur-Aisne.
lettre d un poilu Ă sa femme